Carrelage

Carrelage

Sol, murs, intérieur et extérieur : les techniques de pose et les tendances

Introduction

Le carrelage est l’un des revêtements les plus anciens et les plus polyvalents. Durable, hygiénique et esthétique, il habille aussi bien les sols que les murs, en intérieur comme en extérieur. Les progrès technologiques ont considérablement élargi la palette de choix : imitation bois, imitation béton, grands formats, carreaux rectifiés, mosaïques. Cet article vous guide à travers les types de carrelage, les techniques de pose, les finitions et les prix pour réussir votre projet de revêtement.

Types de carrelage

Le grès cérame

Le grès cérame est le carrelage le plus vendu en France. Obtenu par cuisson à haute température (1 200 °C) d’un mélange d’argile et de minéraux, il offre une dureté et une résistance exceptionnelles. On distingue le grès cérame pleine masse (coloré dans la masse, les éclats sont invisibles) et le grès cérame émaillé (décor imprimé en surface, plus grand choix esthétique). Son absorption d’eau inférieure à 0,5 % le rend gélif (résistant au gel), donc utilisable en extérieur. Les imitations bois (type Woodmania) et les imitations pierre (type Pietre d’Italia) sont particulièrement convaincantes.

La faïence

La faïence est un carrelage mural en pâte blanche ou rouge, recouvert d’un émail décoratif. Plus tendre que le grès cérame, elle est exclusivement réservée aux murs intérieurs. Son émail offre un rendu brillant très apprécié dans les salles de bain et les cuisines. Les formats vont du petit carreau 10 × 10 cm au grand format 30 × 90 cm. Le style métro, zélliges et autres carreaux artisanaux connaissent un engouement remarquable.

La terre cuite

Les tomettes, navettes et carreaux en terre cuite apportent un charme authentique aux intérieurs de caractère. Cuites à basse température, elles présentent une porosité élevée qui nécessite un traitement hydrofuge et oléofuge après la pose. Leur entretien est plus exigeant, mais la patine qui se développe avec le temps leur confère un aspect incomparable. On les trouve principalement dans les maisons provençales, les bastides et les bâtiments historiques.

La pierre naturelle

Marbre, travertin, ardoise, granit, calcaire : la pierre naturelle offre un luxe intemporel. Chaque dalle est unique, avec ses veines et ses nuances propres. La pierre naturelle exige un entretien spécifique (impérméabilisation, produits neutres) et une pose soignée sur un support parfaitement plan. Son coût élevé est compensé par une durabilité exceptionnelle et une plus-value esthétique indiscutable.

Techniques de pose

La pose collée

La pose collée est aujourd’hui la technique standard. Le carreau est fixé sur le support à l’aide d’un mortier-colle (ciment-colle) appliqué à la spatule crantée. Pour les grands formats (supérieurs à 30 × 30 cm), un double encollage est recommandé : une couche de colle sur le support et une couche sur le dos du carreau. Le choix de la colle dépend du support (béton, chape, ancien carrelage, plaque de plâtre) et de l’usage (intérieur, extérieur, plancher chauffant).

La pose scellée

Technique traditionnelle, la pose scellée consiste à poser les carreaux sur une chape de mortier frais. Elle permet de rattraper des différences de niveau importantes (jusqu’à 5 cm) et offre une grande solidité. Elle est encore utilisée pour les carrelages en pierre naturelle de forte épaisseur et pour les terrasses extérieures. Sa mise en œuvre est plus longue et plus technique que la pose collée.

Joints et finitions

Le joint remplit plusieurs fonctions : il compense les tolérances dimensionnelles des carreaux, absorbe les mouvements du support et empêche les infiltrations d’eau. La largeur du joint dépend du type de carrelage : 2 mm minimum pour les carreaux rectifiés, 3 à 5 mm pour les carreaux standard, 5 à 10 mm pour la terre cuite et la pierre. Le mortier de jointoiement peut être coloré pour s’harmoniser ou contraster avec le carrelage. Un joint époxy, plus coûteux, offre une résistance supérieure aux taches et à l’humidité, idéal pour les cuisines professionnelles et les salles de bain. N’oubliez pas les joints de dilatation périphériques (le long des murs) et les joints de fractionnement (tous les 40 m² en intérieur, 20 m² en extérieur), indispensables pour éviter les fissures.

Carrelage extérieur

La pose de carrelage en extérieur (terrasse, allée, contour de piscine) obéit à des règles strictes. Le carreau doit être gélif (absorption d’eau < 3 %) et antidérapant (classement R10 minimum, R11 pour les contours de piscine). La pente d’évacuation des eaux doit être de 1,5 % minimum. La colle doit être de classe C2 S1 (déformable) pour absorber les dilatations thermiques. Le DTU 52.1 encadre précisément ces exigences. La pose sur plots, de plus en plus populaire, permet un drainage naturel et un accès facilité aux réseaux sous la terrasse.

Prix indicatifs

  • Grès cérame standard : 20 à 60 €/m² (fourniture), 30 à 50 €/m² (pose)
  • Faïence murale : 15 à 50 €/m² (fourniture), 35 à 55 €/m² (pose)
  • Terre cuite artisanale : 40 à 100 €/m² (fourniture), 40 à 60 €/m² (pose)
  • Pierre naturelle : 50 à 200 €/m² (fourniture), 45 à 70 €/m² (pose)
  • Mosaïque : 30 à 150 €/m² (fourniture), 50 à 80 €/m² (pose)

Le prix de pose dépend de la taille des carreaux (les grands formats et les petits formats sont plus longs à poser), du motif (pose droite, diagonale, en chevron, décalée), de l’état du support et de l’accessibilité du chantier. Prévoyez 10 % de surface supplémentaire pour les coupes et la casse. Choisissez un carreleur expérimenté et assuré, et exigez un calepinage (plan de pose) avant le début du chantier.